Flammarion "Les Bons Romans" : La fille de la sirène par Mathilde Alanic

La fille de la sirène par Mathilde Alanic

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La fille de la sirène, Mathilde Alanic

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Extrait :

Chapitre I

Les pluies abondantes du printemps gardaient à juillet les verdures tendres et les fleurs de juin. Une fraîcheur délicieuse restait au creux du vallon. La buée matinale blanchissait encore les prés et s'effilochait aux peupliers et aux saules qui bordaient la Mayenne.

Cependant le soleil montant dardait des rayons plus âpres sur la route d'en haut, qui escaladait la colline où le clocher de Saint-Baudelle élevait sa croix. Et les gens qui gravissaient ce coteau s'arrêtaient plus fréquemment pour reprendre souffle, dans le mince liseré d'ombre des haies.

Presque tous, d'ailleurs, des éclopés ou des chétifs, ces piétons aux silhouettes falotes, débouchant des routes de Mayenne, de Laval ou d'Andouillé pour monter à Saint-Baudelle et qui traînaient la jambe ou voûtaient les reins au bout de l'étape ! Chemineaux loqueteux à bissac, métiviers en blouses déteintes, pèlerins du petit sou et du morceau de pain, ils portaient l'empreinte de la misère, de l'usure, de l'humilité sincère ou sournoise.

De quelque côté qu'ils vinssent, à partir de l'entrée du village, ils se joignaient sur le même chemin. Les dernières bicoques de Saint-Baudelle dépassées, — et c'était bientôt fait de traverser le hameau, — ils longeaient une grille de fer, derrière laquelle s'enfuyait une perspective de bosquets et de pelouses descendant à la rivière. La rumeur de la chute d'eau, activant la papeterie Dambreux, remplissait le grand parc de sa mélopée. Puis, aux murs blancs du domaine des Dambreux, succédait une muraille vétuste, à la crête effritée et frangée de capillaires, bordée d'un fossé où sautaient les rainettes, parmi le millepertuis, les mauves et le mouron.

Un portaiil en bois brun, pavé de clous, béait sur une cour où s'élevait un logis ancien, un de ces petits châteliers, nombreux encore dans les provinces de l'Ouest, qui gardent une fierté de gentilhommière avec leurs hauts pignons de torchis, leurs tourelles de poivrière, leur cloche coiffée d'un auvent, au faîte de la toiture d'ardoises.

L'un après l'autre, les pauvres hères s'insinuaient dans la cour, tirant leurs couvre-chefs pour saluer la maison.

...

LES BONS ROMANS-XX1
1 Article

Fiche technique

Précision(s) du libraire
Couverture en deux parties, désolidarisée du roman. Manque la tranche.
Collections
"Les Bons Romans"
Numéro de parution
Inconnu
Editeurs
Ernest Flammarion
Date de parution
1931 (sous réserves)
Format
12 x 17,5
Pages
214
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